sabrer


sabrer

sabrer [ sabre ] v. tr. <conjug. : 1>
• 1680; de sabre
1Frapper à coups de sabre (surtout avec un compl. plur. ou collect.). Sabrer l'ennemi. Absolt La cavalerie prussienne « s'élance, vole, sabre, taille, hache, tue, extermine » (Hugo).
Par ext. Marquer de traits profonds. « Des rides nouvelles sabraient ses joues » (R. Rolland). Dessin sabré de larges coups de crayon.
2(1762) Fig. Vx Juger (une affaire) avec précipitation.
Mod. Pratiquer de larges coupures dans. Sabrer de nombreux passages dans un texte. biffer. La rédaction du journal a sabré son article. raccourcir. Fam. Il s'est fait sabrer, renvoyer (d'un établissement scolaire), licencier (d'un emploi). Sabrer la moitié des candidats (à un examen),les noter avec sévérité; les refuser impitoyablement. ⇒ sacquer.
3Techn. Soumettre (les peaux) au sabrage.

sabrer verbe transitif Frapper quelqu'un à coups de sabre, le mettre en pièces. Ouvrir une bouteille de champagne en cassant le goulot d'un coup de sabre, de grand couteau, etc. Sillonner, marquer quelque chose de vigoureuses hachures, de traits : Sabrer une page de coups de crayon. Faire de larges coupures dans un texte : Sabrer de longs passages sur un manuscrit. Familier. Mettre une très mauvaise note à un candidat, à une copie. Familier. Éliminer quelqu'un, le licencier, le renvoyer. Familier. Bâcler un travail. ● sabrer (difficultés) verbe transitif Sens Sabler le champagne / sabrer le champagne. Ne pas confondre ces deux expressions. 1. Sabler le champagne = boire du champagne à l'occasion de réjouissances. Remarque L'expression vient du vocabulaire de la fonderie, et fait référence au métal en fusion coulé d'un jet dans le sable du moule. Au xviie s., jeter un verre en sable, c'était boire d'un trait son contenu : « [...] un Tigillin qui [...] jette en sable un verre d'eau-de-vie »(La Bruyère). 2. Sabrer le champagne = ouvrir une bouteille de champagne en en faisant sauter le goulot au moyen d'une lame assez lourde (sabre ou autre). ● sabrer (homonymes) verbe transitifsabrer (synonymes) verbe transitif Sillonner, marquer quelque chose de vigoureuses hachures, de traits
Synonymes :
Faire de larges coupures dans un texte
Synonymes :
Familier. Mettre une très mauvaise note à un candidat, à une...
Synonymes :
- sacquer (familier)
- saler (familier)
Familier. Éliminer quelqu'un, le licencier, le renvoyer.
Synonymes :
- balancer (populaire)
- congédier
- vider (familier)
- virer (familier)

sabrer
v. tr.
d1./d Frapper à coups de sabre.
d2./d Fig. Marquer, rayer vigoureusement. Sabrer une page.
|| Biffer, amputer largement (un texte). Sabrer un article.
|| Fam. Sabrer qqn, le refuser à un examen, à un poste. Il s'est fait sabrer.
d3./d (Guyane, Réunion) Couper de l'herbe à l'aide d'un coutelas.
(Réunion) Récolter la canne à sucre à l'aide d'un coutelas.

⇒SABRER, verbe trans.
A. — 1. [Gén. avec un compl. plur. ou sing. coll.] Frapper quelqu'un à coups de sabre. Sabrer l'ennemi, le peuple; sabrer les Prussiens. Si un cavalier ennemi galope sur toi pour te sabrer, tourne autour de ton arbre et ne lâche ton coup qu'à bout portant (STENDHAL, Chartreuse, 1839, p. 51). L'armée musulmane (...) apprenait que la petite troupe de Richard, avec une folle insouciance, campait hors des murs de Jaffa. Sabrer ces piétons semblait facile (GROUSSET, Croisades, 1939, p. 279).
Empl. intrans. Donner des coups de sabre. Les carabiniers accourent, les dragons sabrent, la foule se disperse dans tous les sens, une rumeur de guerre vole aux quatre coins de Paris (HUGO, Misér., t. 2, 1862, p. 284).
Part. prés. en empl. adj. C'est là que Maxence se proposait d'organiser sa troupe, afin qu'elle fût bien sabrante et bien volante, allégée de tout ce qui est commodité matérielle (PSICHARI, Voy. centur., 1914, p. 14).
Empl. pronom. réciproque. Se battre au sabre. Quoi! pour des vanités, des bibus, des sornettes Se sabrer, s'éventrer avec des baïonnettes (POMMIER, Crâneries, 1842, p. 125). Ces fanatiques danubiens qui se sabrent (PÉLADAN, Vice supr., 1884, p. 48).
Sabrer le champagne. Ouvrir la bouteille de champagne à l'aide d'un sabre. Déboucher une bouteille de champagne est plus facile qu'on ne le pense parfois (...). La distinction commande la discrétion: point trop de bruit. Sabrer le champagne? Affaire de tempérament (Les Vins de France, Paris, Hachette, 1989, p. 127).
2. P. anal.
a) Sillonner, marquer de traits, de hachures, rayer quelque chose. [Une femme] avait des bottines en satin cramoisi, à boutons d'or, et des bas noirs sabrés de vert (L. HENNIQUE, Soir. Médan, Affaire Gd 7, 1880, p. 248). Des rides nouvelles sabraient ses joues. Mais les yeux avaient reconquis leur calme, et la bouche s'était résignée (ROLLAND, J.-Chr., Buisson ard., 1911, p. 1425).
b) Tracer, barrer à grands coups, à grands traits. Mais maintenant quelqu'un en son propre nom prenait la parole, — celui dont la signature indéchiffrable sabrait le bas de la feuille (GRACQ, Syrtes, 1951, p. 148).
En partic. Exécuter rapidement, à grands traits une esquisse. Et bientôt de ce travail sabré, sous le tâtonnement et la confusion des lignes, des contours (...) des repentirs (...) il commença à sortir comme l'apparence d'une jeune femme et d'un homme (GONCOURT, Man. Salomon, 1867, p. 345).
3. Couper, raser quelque chose. Le visage de Pradonet qu'elle voyait reflété dans la glace avec une joue gonflée, tendue pour mieux sabrer le poil (QUENEAU, Pierrot, 1942, p. 33). Au fig. L'important personnage sabra l'air avec une baguette d'ivoire. Alors un orchestre invisible de cuivres tonna comme une canonnade (CLADEL, Ompdrailles, 1879, p. 183).
4. MUS., part. passé en empl. adj. Accord sabré. Accord produit par un grand coup d'archet au violon. Çà et là, de grands accords sabrés interrompent le flux régulier des croches (LA LAURENCIE, Éc. fr. violon, 1922, p. 98).
B. — Au fig.
1. Éliminer, supprimer radicalement quelque chose, évincer quelqu'un. Sabrer le droit de penser. Le Gouvernement n'a rien de mieux à faire que de tenir la Société en état de siège, (...) de tomber sur les prolétaires et de sabrer les républicains, jusqu'à ce que l'équilibre soit rétabli et que l'ordre règne! (PROUDHON, Confess. révol., 1849, p. 427). Une nouvelle mesure sabra les deux tiers des survivants, et Napoléon, couronné empereur, ne conserva pour chanter ses louanges que quatre quotidiens (COSTON, A.B.C. journ., 1952, p. 13).
Fam. Se faire sabrer. Être licencié, renvoyé d'un emploi, d'un établissement scolaire. (Dict. XXe s.).
Arg. scol. Mettre de mauvaises notes, traiter avec sévérité, sans ménagement. (Dict. XXe s.). Synon. saquer.
2. En partic. Diminuer, écourter un texte. Dès qu'il recevait un manuscrit, il le sabrait à coups de crayon (ZOLA, Doc. littér., Crit. contemp., 1881, p. 283). Ses contemporains [de Malauve] stupéfaits le virent tenter une renaissance de la tragédie antique avec des chœurs alternés, tandis qu'il sabrait les parties touffues de ses œuvres antérieures (L. DAUDET, Astre noir, 1893, p. 190).
3. Critiquer sans ménagement quelqu'un ou quelque chose. Synon. fam. démolir. Il nous en a lu bon nombre d'articles, les sabrant tout d'abord avec beaucoup d'esprit et de gaieté. Enfin, il a jeté le livre, disant que le nom d'un auteur n'avait jamais influé sur son opinion (LAS CASES, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 1103). Christophe était lancé: rien ne pouvait l'arrêter; et, comme il l'avait promis, tout y passa: les auteurs et les interprètes. Les premiers sabrés furent les Kapellmeister (ROLLAND, J.-Chr., Révolte, 1907, p. 435).
Part. prés. en empl. adj. Du milieu de ce chaos, des traits de lumière jaillissaient, des coups d'épée, des mots cinglants et sabrants, des rires héroïques (ROLLAND, J.-Chr., Révolte, 1907, p. 524).
4. Fam. Bâcler un travail, expédier, précipiter une affaire. Les juges consulaires et les juges de première instance sont deux sortes de juges. Vous autres, vous sabrez les affaires! Au Palais nous avons des formes (BALZAC, C. Birotteau, 1837, p. 252). Gambetta, comme toujours, est en retard et l'on est obligé de sabrer la fin du dîner dans l'impatience des arrivés pour la lecture (GONCOURT, Journal, 1882, p. 164).
C. — Arg. [Pour un homme] Pratiquer l'acte sexuel; posséder sexuellement une femme. Pas gêné [sous les bombes] (...) il a sabré une souris, et pas à la sauvette, encore! Magistralement (SIMONIN, Touchez pas au grisbi, 1953, p. 76). [Son amour] datait de la première noïe [nuit] où il l'avait sabrée (LE BRETON, Razzia, 1954, p. 78).
D. — TECHNOL. Soumettre les peaux à l'opération du sabrage. (Dict. XXe s.).
REM. Sabrement, subst. masc., hapax. [Corresp. à supra B 2] Le fait de sabrer. Nous pensions à cette liberté, à ces attentions, à ce charme de brusquerie, à cette parole passionnée, colorée, à cette langue d'artiste qui ne mâche rien, à ce sabrement de tout, à ce mélange de virilité et de petites choses féminines (GONCOURT, Journal, 1865, p. 191).
Prononc. et Orth.:[], [sa-], (il) sabre [], []. PASSY 1914, BARBEAU-RODHE 1930, WARN. 1968, Lar. Lang. fr., ROB. 1985 []; MARTINET-WALTER 1973 [], [a] (12, 5). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1680 « frapper à coups de sabre » (RICH.); b) 1863 « marquer de traits profonds » (GAUTIER, Fracasse, p. 349); 2. a) 1718 « juger avec précipitation » (Ac.); b) av. 1788 « pratiquer de larges coupures dans » (BUFFON, Lett. à Bexon, Recueil de M. Nadaud de Buffon ds LITTRÉ); c) 1798 « expédier une besogne sans soin » (Ac.); d) 1964 « renvoyer quelqu'un d'un poste » (ROB.); 1964 « mettre de mauvaises notes à (des copies, des candidats) » (ibid.); 3. 1964 techn. « soumettre (des peaux) à l'opération du sabrage » (ibid.). Dér. de sabre; dés. -er. Fréq. abs. littér.:140.
DÉR. 1. Sabrage, subst. masc. a) Technol. Opération de nettoyage de la laine des peaux de mouton. (Dict. XXe s.). b) Action de sabrer, de pratiquer des hachures; résultat de cette action. De près, c'est un sabrage, une hachure de couleurs qui se martèlent, se brisent, semblent s'empiéter; à quelques pas, tout cela s'harmonise et se fond en ton précis de chair, de chair qui palpite, qui vit, comme personne, en France, maintenant ne sait plus en faire (HUYSMANS, Art mod., 1883, p. 138). [], [sa-]. 1res attest. a) 1883 beaux-arts id., b) 1895 « action de frapper à coups de sabre » (GUÉRIN Suppl.), c) 1904 technol. (Nouv. Lar. ill.); de sabrer, suff. -age. 2. Sabreuse, subst. fém., technol. Machine utilisée pour le nettoyage de la laine des peaux de mouton. Chaque peau passe à la sabreuse: la peau, côté laine, est présentée à un tambour garni de lames hélicoïdales non coupantes (J.-E. BURLET, La Laine et l'industr. lainière, Paris, P.U.F., 1972, p. 29). [], [sa-]. 1re attest. 1951 (Ch. MARTIN, La Laine, p. 27); de sabrer, suff. -eur2, -euse.
BBG. — QUEM. DDL t. 27.

sabrer [sɑbʀe] v. tr.
ÉTYM. 1680; de sabre.
A
1 Frapper à coups de sabre (surtout avec un compl. plur. ou collectif et en parlant de coups de taille). || Sabrer l'ennemi (→ Charger, cit. 1). || Faire sabrer le peuple (cit. 23).Au p. p. || Percé, sabré, déchiqueté (cit. 5). Absolt. || Sabrer à droite et à gauche.Pron. (récipr.). || Une douzaine de guerriers se sabrant (→ Épisode, cit. 6).
1 Napoléon s'emporta : (…) « Chateaubriand croit-il que je suis un imbécile, que je ne le comprends pas ! je le ferai sabrer sur les marches des Tuileries ». Il donna l'ordre de supprimer le Mercure et de m'arrêter.
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, t. III, p. 3.
2 La cavalerie prussienne, fraîche venue, s'élance, vole, sabre, taille, hache, tue, extermine.
Hugo, les Misérables, II, I, XIII.
Par anal. || La grêle (cit. 1) sabrait tout.Par ext. P. p. || Visage sabré de rides. || Dessin sabré de larges coups de crayon (→ Haché).
2.1 (…) le petit Gers et le grand Gers montaient, barraient l'horizon de leurs flancs nus, que les rayons obliques sabraient de jaune et de rose.
Zola, Lourdes, p. 44.
3 Des touffes de cheveux blancs étaient brusquement apparues dans la chevelure noire, comme ces fleurs d'automne qui montent des prairies en une nuit de septembre. Des rides nouvelles sabraient ses joues.
R. Rolland, Jean-Christophe, Le buisson ardent, II, p. 1425.
2 (V. 1930). Fig., fam. Posséder (une femme).
B
1 (1762). Vx. || Sabrer une affaire : la juger avec précipitation.Par ext. Exécuter rapidement à grands traits. (péj.) Bâcler, expédier.
4 Gambetta, toujours en retard, et dont le retard fait sabrer la fin du dîner, dans l'impatience des invités pour la soirée.
Ed. et J. de Goncourt, Journal, 11 avr. 1882, t. VI, p. 137.
5 De Chardin, sabré à la pierre d'Italie avec des rehauts de craie, sur un papier chamois, un croquis de vieille femme tenant un chat sur ses genoux.
Ed. et J. de Goncourt, Journal, 14 déc. 1894, t. IX, p. 216.
2 Mod. Pratiquer de larges coupures dans…; biffer, diminuer, écourter. || La rédaction du journal a sabré l'article de son correspondant.
6 Le professeur grommela dans sa cravate et d'un trait rageur, sabra la copie de l'élève Bonenfant.
M. Aymé, Maison basse, p. 113.
3 (Vieilli). Critiquer sans ménagement (→ Démolir).
4 Fam. Traiter avec une grande sévérité, sans ménagement. Spécialt. || Se faire sabrer : se faire licencier (d'un emploi), renvoyer (d'un établissement scolaire), etc. || Sabrer des candidats à un examen : les noter avec rigueur, sévérité; les refuser. Sacquer.
C Techn. Soumettre (les peaux) à l'opération du sabrage.
DÉR. Sabrage, sabreur, sabreuse.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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